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Index de l'article
Les Ponts de Neuville-sur-Oise
L'Oise : sa configuration et sa navigation
Le bac
Un pont de bois au XVème siècle
Le pont endommagé lorsde la guerre de 1870
Les années 1900
Un pont en béton armé
La passerelle
Les mésaventures du nouveau pont
Toutes les pages

L'Oise : sa configuration et sa navigation

Outre son utilisation pour les besoins domestiques et les loisirs, l'Oise était aussi un axe de communication, acheminant vers Paris quantité de marchandises, dont le volume augmenta proportionnellement à la croissance de la capitale.

La Seine était la voie la plus vitale mais l'Oise portait en permanence des voyageurs - en coches d'eau ou sur de simples bateaux - et quantité de marchandises venues du Nord : foin, paille, vins, sels, fers, ardoises, pierre de taille marbres, verreries, porcelaines... et deux produits dominants : le grain et le bois.

La boucle de l'Oise apportait également son tribut au commerce fluvial. De part et d'autre, s'étiraient des paroisses vigneronnes qui ont contribué pendant des siècles à l'approvisionnement en vin de la capitale : Cergy, Éragny, Neuville, Jouy, Vauréal. Les fruits complétaient cette production : cerises, pêches, pommes, prunes et abricots.

Le chemin, pourtant, était lent et semé d'embûches. Il fallait franchir les ponts et s'acquitter à chacun d'entre eux de péages, en vertu d'un droit de travers qui assurait à ses détenteurs de substantiels revenus.

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Derrière les côtés idylliques, se cachaient donc des difficultés réelles. L'Oise servait l'homme, mais lui créait également de nombreux soucis. L'Oise, en effet, n'a pas toujours été facile à naviguer ou à traverser. Elle était même, aux dires des hommes d'autrefois, un sérieux obstacle aux échanges. Aux contraintes naturelles (méandres ensablés), s'ajoutaient les installations humaines : moulins, piles des ponts, filets des pêcheurs, qui gênaient la circulation et la rendaient même parfois périlleuse.

La rivière n'avait pas alors son niveau actuel. Capricieuse, par instant elle ne renfermait presque pas d'eau, au point de se laisser traverser à gué à maints endroits ; dans d'autres moments, elle en regorgeait et en faisait une ample distribution dans les environs. Elle avait plusieurs lits et dans les grosses eaux, de nombreux bras venaient s'y rajouter, formant parfois de nombreuses îles temporaires. Les hivers rigoureux, l'Oise gelait, et en dépit de quelques avantages - des distractions inaccoutumées pour les riverains - le handicap était de loin le plus important. En 1784, la navigation fut bloquée pendant deux mois.

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Ce sont toutefois les inondations qui étaient les plus redoutées. Entre 1732 et 1868, il y eut un grand débordement de la Seine, donc de l'Oise, tous les trois ans. Elles pouvaient atteindre des proportions qui frappaient les imaginations, et provoquer d'énormes dégâts sur les maisons et les récoltes. L'une des plus terribles avait été, comme partout en France, la crue de 1740. L'inondation, à Neuville, fut la plus conséquente que l'histoire nous a donné de connaître.

En même temps on pouvait se noyer dans l'Oise. Périodiquement, des cadavres y étaient repêchés. Les archives de la justice seigneuriale de Neuville, pour la seule fin du XVIIIème siècle, relatent les cas suivants : le mars 1764, le cadavre trouvé attaché par le bras à des branches, est celui d'un messager du prince de Conti âgé de 20 ans. Le 17 juin 1781, au passage du bac, on repêche le corps nu d'une jeune femme noyée dans la rivière. Le 29 janvier 1787, un jeune compagnon de bateau de 16 ans est repêché, le 17 avril 1792, c'est un aide de pont de Pontoise, trouvé noyé, arrêté par la corde du bac, «face livide, front escorié, bouche écumante». Le 20 avril, c'est le corps de Marie Josèphe Faraut, fille d'un vigneron de Cergy, gisant «tête sur la berge, le reste du corps dans l'eau».

On pourrait ainsi multiplier les exemples de noyades, souvent le fruit d'une imprudence.